Les médias sont-ils responsables de la montée du populisme ?

Parmi les tendances politiques, on voit de plus en plus fleurir les gros titres dans la presse autour de la montée du populisme. Ainsi le Figaro pour donner suite à l’élection de Bolsonaro au Brésil propose un décryptage de ce phénomène dans un article intitulé Tour du monde des pays atteints par le populisme. Il serait intéressant de s'interroger sur ce phenomène et les liens avec le traitement médiatique qui lui est réservé.

 Or comme il est expliqué dans cet article, le populisme n’est pas une idéologie ou un parti politique : il s’agirait plutôt d’un "style politique" doublé d'une stratégie de conquête du pouvoir qui seraient constituée d’un ensemble d’opérations rhétoriques qui exploiterait des représentations sociales et des revendications dites « du peuple »et se basant sur un discours antisystème. Il s’agirait aussi selon Pierre-André Taguieff, directeur de recherche au CNRS,  de distinguer deux formes de populisme. D'un côté, une forme "protestataire" mettant l'accent sur la dénonciation des élites politiques, économiques et de leur présumée corruption. De l’autre, un populisme "identitaire" s'appuierait davantage sur le sentiment de perte des valeurs immatérielles, culturelles, qui seraient mises en péril par "l'étranger », un discours qui ciblerait les classes moyennes.

Dans ces conditions, on peut s’interroger sur les conditions de diffusion de ces discours et notamment sur le rôle des médias dans la propagation des idées populistes. Un axe important de la rhétorique populiste est d’avoir un discours de vérité en avançant chiffres et arguments qu’on ne retrouve pas dans les médias dits « mainstream » accusés de cohésion, voire de coercition avec le pouvoir en place. C’est la thèse développée dans le début de l’article du Nouvel Obs Les médias ont une énorme responsabilité dans le succès du populisme italien. La responsabilité des médias se situe aussi selon le chercheur Aurélien Mondon au niveau de la minimisation des discours extrémistes dans leur traitement médiatique, il explique que la dénomination de "populisme" est parfois totalement en décalage avec la ligne idéologique et qu’il s’agirait souvent  «De partis xénophobes avant d’être populistes».  

D’un autre coté, les populistes vont en venir à rejeter les médias traditionnels pour privilégier leurs propres organes de diffusion. Les partis politiques s’affranchissent des médiations journalistiques en allant encore une fois au plus près du peuple. En cela, l’immédiateté, la facilité des réseaux sociaux sont une aubaine pour la rhétorique des populistes. Les comptes Twitter, chaînes YouTube ou vidéos Facebook permettent une diffusion rapide et personnalisable des informations, qui conduit à une réduction des discours, un amoindrissement des débats et à la une propagation de thèses simplistes qui apporte des réponses immédiates. C’est du moins la thèse avancée par Enrique Dans chercheur espagnol dans un article du site Forbes Did Social Networks Cause Populism?

Et vous qu’en pensez-vous, le changement du paysage politique est-il à relier avec l'évolution des communications et le traitement médiatique. En vous appuyant sur des exemples précis,vous vous demanderz si l’avènement du techno populisme est-elle une cause valable de la montée des valeurs identitaires dans certains pays ?

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