La politique doit-elle devenir une affaire de femmes ?

Les scandales qui entachent la réputation des hommes politiques notamment autour de situations de harcèlement nous pousse à nous interroger : La politique ne devrait-elle pas devenir une affaire de femmes. C’est en effet le dossier spécial du Courrier international du mois de novembre qui se fait l’écho de plusieurs grands médias internationaux s’interrogeant sur la place des femmes en politique.

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Dans un article du Courrier international publié dans The conversation,  Susan Francesch et Karen Beckwith analysent la montée de la parité dans les gouvernements . « Nous avons nommé ce phénomène le “socle en béton”. Tout gouvernement souhaitant avoir une légitimité démocratique – c’est-à-dire voulant que l’opinion publique ait confiance en ses décisions – doit comporter des femmes. » Ce phénomène est décrypté de manière positive par les journalistes dans leur article Les femmes au pouvoir, une tendance mondiale et irréversible »

 Pourtant si la situation avance, dans les faits l’accès des femmes aux postes de gouvernement n’est pas si aisé. Ainsi en France, Edith Cresson, premier ministre de François Mitterrand du 15 mai 1991 au 2 avril 1992, est la première et à ce jour seule femme à avoir accédé à la fonction de chef de gouvernement. Les femmes politiques francais ont d’ailleurs réalisé une tribune pour dénoncer la situation en avril 2018  "Où sont les femmes ?" : la tribune qui dénonce le sexisme du monde politique expliquée par Clémentine Autain. Sur les cinq continents, le monde ne compte encore que 21 femmes au pouvoir, chefs d’Etat ou de gouvernement.

En effet, des arguments obsolètes sont souvent employés pour justifier le petit nombre de femmes politiques au pouvoir. Pourtant la première ministre de la Nouvelle Zelande Jacinda Ardern fait souvent les gros titres de la presse à titre personnel même si elle assume pleinement ses fonctions de membre du gouvernement et sa vie privée. Un article de The conversation fait le point sur la couverture médiatique dont fait l’objet Première ministre et jeune maman : ce que révèle le cas de Jacinda Ardern. D’un autre côté, le magazine américain Forbes publie chaque année le palmarès des Femmes les plus influentes du monde avec de nombreuses figures politiques THE WORLD'S MOST POWERFUL WOMEN 2018h

Et vous qu’en pensez-vous, en vous basant sur des statistiques et des exemples précis, peut-on dire que la politique se féminise ? Et dans quelle mesure la couverture médiatiques des femmes politiques évolue-t-elle ?  

Commentaires (1)

Sasha Staggs
  • 1. Sasha Staggs | 2019-01-13
En vous basant sur des statistiques et des exemples précis, peut-on dire que la politique se féminise ? Et dans quelle mesure la couverture médiatiques des femmes politiques évolue-t-elle ?

Le suffrage universel masculin a été mis en place en 1848 en France mais la femme attendra jusqu’en 1944 pour obtenir le droit de vote et d'éligibilité. Ceci a donc causé une faible influence féminine dans la vie politique actuelle par l'intégration inégale des femmes en politique.

Dans un premier temps, il serait ignorant de ne pas prendre en compte les progrès d'égalité qui ont été faits dans les années récentes par rapport à la question de la femme en politique. En 2000 on a adopté une loi sur la parité, c’est à dire une loi en faveur de l'égal accès aux mandats électoraux et fonctions électives. L’effet de la loi est visible, comme le prouve un article de Les Inrockuptibles à propos d’une tribune “dénonçant la place subalterne réservée aux femmes dans la vie politique”: "Aujourd’hui, grâce à la loi sur la parité, nous ne sommes plus marginales avec près de 40 % de femmes à l’Assemblée. [...] Il est important de comprendre que les codes masculins sont des habitudes depuis longtemps ancrées qui façonnent la politique. C’est notre juste place collective que nous revendiquons". De plus, d'après Courrier International, la moitié des postes ministériels du gouvernement du président mexicain Andrés Manuel López Obrador serait des femmes (8 sur 16) et deux tiers du gouvernement du Premier ministre espagnol Pedro Sanchez, est composée des femmes. Par ailleurs, Forbes compose chaque année une liste des 100 femmes les plus influentes et reconnaît leur impact global.

Mais la politique se féminise lentement et les inégalités demeurent encore, la progression est limite. En France, Edith Cresson est la seule femme ayant accédé au poste de chef de gouvernement sous Mitterrand. Elle n’a que été Premier Ministre pour un an et a été critiqué par les médias français. Plus l’enjeu du scrutin ou du mandat est important, plus les femmes sont sous-représentées. De plus, les stereotypes et préjugés sexuées encore existantes dans notre société contemporaine cree des débats sur la capacité des femmes a participé à la vie politique. Les médias s'intéressent plus à l'équilibre entre vie privée et professionnelle d’une politicienne comme la Première ministre néo-zélandaise Jacinda Ardern lors de son attente d’un enfant: “vif intérêt suscité par sa grossesse et son aptitude à tenir son poste” (D'après The Conversation).

Le manque de femmes dans la vie politique et plus précisément dans des postes à haut niveau d’importance crée une crise de représentation. Moins de femmes s'intéressent à la vie politique du fait qu’elles ne se sentent pas représentés. Et d’autres participent à la création de mouvements comme #MeToo ou la tribune dans Libération dénonçant le sexisme afin d'éradiquer les stéréotypes sexuées et assurer la place de la femme dans la vie politique.

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