La justice est-elle politique ?

Entre scandales financiers et affaires judiciaires, la sphère politique semble être aux prises de façon systématique avec la justice. Les scandales d’ordre privés ou financiers entachent la réputation des hommes politiques jusqu’à parfois stopper leur carrière comme le scandale DSK ou « l’affaire Penelope » qui a conduit au retrait de la candidature de François Fillon aux élections présidentielles.

D’un côté, les politiques semblent avoir un rapport personnel ambigu avec la justice. De par leur statut qui interdit parfois les mises en examen (comme c’est le cas pour le président de la République française) ou simplement par leur attitude,  Marine Le Pen a déjà refusé de se présenter devant la justice tandis que le président Macron s’insurge « Qu’ils viennent me chercher ! » C’est le cas aussi pour le dernier scandale politique en date avec les perquisitions visant la partie de la République en marche. Ainsi  Jean-Luc  Mélenchon dénonce dans un article de L’Obs  : "Pas de justice politique, mais une justice déséquilibrée"

De l’autre, on soupçonne la justice de ne plus être « indépendante » mais forcément assujettie au pouvoir en place.  Ainsi, sur le site média Atlantic, on s’interroge  « Pourquoi la question de la politisation de la justice française est devenu un enjeu brûlant pour notre démocratie » . Aux Etats Unis, la question de la nomination des juges de la cour suprême et le scandale lié à la candidature de Kavanaugh interroge également sur les relations entre le pouvoir politique et le « bras » de la justice : Brett Kavanaugh entre à la Cour suprême : Donald Trump peut crier victoire

Il semble en effet que les rubriques politiques des médias ne sont plus consacrées qu’aux « affaires » avec sources anonymes, lanceurs d’alerte et mise en accusation. La couverture médiatique de l’affaire du parti de la « France Insoumise » en est un bon exemple. Le journal gratuit 20 minutes met l’accent sur l’attitude du chef du parti Perquisitions: «Mélenchon copie Trump et Grillo en se parant des habits du populisme mondial» avec en sous titre «Mélenchon attire l'attention sur lui pour la détourner de l'enquête»

Et vous qu’en pensez-vous? En tenant compte de facon prise des différences entre le système judiciaire français et américain, est-il encore possible aujourd’hui d’avoir une justice « apolitique » détachée du pouvoir exécutif et capable de gérer les scandales politico-financiers notamment avec impartialité ? 

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Commentaires (1)

Sasha Staggs
  • 1. Sasha Staggs | 2018-11-11
En tenant compte de façon prise des différences entre le système judiciaire français et américain, est-il encore possible aujourd’hui d’avoir une justice « apolitique » détachée du pouvoir exécutif et capable de gérer les scandales politico-financiers notamment avec impartialité ?

Le déterminisme du juge et ainsi de la justice est l'impartialité. L’absence de parti pris, de préjugé, de préférence, d'idée préconçue, assure une objectivité et permet à la justice d'être équitable. Lors des actualites recentes la justice, en tant que “politique” et détachée du pouvoir exécutif, a été mise en question.

En France, le système judiciaire est entièrement détaché du pouvoir exécutif, elle n'est pas responsable des les affaires concernant le pouvoir législatif et exécutif, (cela est du ressort du Tribunal administratif.) L'indépendance de l'autorité judiciaire face au pouvoir exécutif est souvent un sujet de polémiques. Selon le journal 20 minutes, Jean-Luc Mélenchon a fait l’objet, le 16 octobre, d’une perquisition à son domicile ainsi qu’au siège de son parti La France insoumise, pour des soupçons d’emplois fictifs au Parlement européen et à propos de ses comptes de campagne. Suite aux perquisitions, ce dernier a dénoncé une “justice politique”. D'après un article de l’OBS par Matthieu Aron, cette dénonciation serait incorrecte: “Le pouvoir n’emploie pas les services de police et de justice contre des opposants politiques.” On remarque par contre, selon Aron, une “ forme de politisation des actes judiciaires”, par cela il s’agit d’une “ forme d’affirmation d’identité du pouvoir judiciaire sur le pouvoir politique”. On parle ici de justice déséquilibrée plutôt que de justice politique.

Aux Etats-Unis, la séparation des pouvoirs est stricte comme en France mais elles ont un pouvoir de “Freins et contrepoids” (“checks and balances”[b][/b]) l’une sur l’autre. Le pouvoir judiciaire a le pouvoir sur l'exécutif de déclarer des lois en tant que inconstitutionnels et le pouvoir exécutif nomme tous les juges fédéraux. Ceci a été l'objet de polémiques en septembre-octobre lorsque le nominé du président américain pour le siège au Sénat, la plus haute juridiction des Etats-Unis, Brett Kavanaugh, a été accusé d’agression sexuelle. Le processus de confirmation “chaotique” de ce dernier a “accentué les clivages au sein de la société américaine”, selon l’OBS, “des milliers de personnes ont protesté contre la confirmation de Brett Kavanaugh”. Comme mentionné précédemment, un juge est censé être impartial. Aux Etats-Unis cette impartialité doit aussi être au plan politique, un juge ne doit pas mentionner sa tendance politique lorsqu'il est siège à la cour suprême. Mais l’on divise les juges du Sénat par leur affiliation politique, 5 républicains et 4 démocrates, car ils sont nommés par des Présidents d’un tel partie. De plus, lors de l’audition de Christine Blasey Ford qui a accusé Kavanaugh, “le magistrat a clamé son innocence et s'est dit victime d'une campagne de dénigrement orchestrée par l'extrême gauche”. On remarque ici un vrais cas de politisation de la justice.

Malgré le fait que le système juridique a pour règle d'être impartial, on observe en France et aux Etats-Unis que c’est un sujet délicat et que l'on remarque une justice déséquilibre ainsi que politisée.

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