Club Jean Moulin

Club Jean Moulin: Le sujet du mois : Jusqu’où doit aller la communication politique ?

Le sujet du mois : Jusqu’où doit aller la communication politique ?

Le paysage politique mondial pose régulièrement la question de la communication politique. Etre un homme politique aujourd’hui, c’est travailler avec les médias pour construire une image Or la volonté des nouveaux élus politiques est souvent de se démarquer de la tradition précédente : Francois Hollande a voulu s’afficher en « président normal » après la présidence flamboyante de Nicolas Sarkozy.

Or dans le même temps ce culte de l’image voulu par l’homme politique est souvent en conflit avec les médias. La connivence longtemps entretenue entre le « quatrième pouvoir » médiatique et le politique est desormais finie. Le temps des secrets et du respect de la vie privee des hommes politiques est devenue une affaire publique. Dans une époque ou tout est affaire d’image, dans quelle mesure la communication politique peut-elle demeurée objective ou neutre ? C’est la question que se pose Maxime Tandonnet, spécialiste de la communication politique pour le Figaro, qui place le débat Les hommes politiques ont sacrifié le bien commun sur l'autel de la communication. On peut d’ailleurs relever la défiance des figures politiques par rapport aux médias en général. Les « spin doctors » toujours présents comme les hommes de l’ombre et spécialistes des images médiatiques n’ont plus le pouvoir d’influencer l’ensemble de la sphère médiatique. Les rapports sont inversés comme l’explique Pierre Zémor, Conseiller d’Etat honoraire et expert en communication publique et politique « La communication politique est devenue un monde en soi qui impose ses règles à la politique »  Le politique s’improvise d’ailleurs souvent médiateur sans intermédiaire par le biais de l’Internet ou des réseaux sociaux, avec des enjeux défiants parfois toute communication officielle. C’est le cas par exemple étudié sur le site des Décodeurs du Monde à propos de Donald Trump et Twitter, une utilisation compulsive et émotionnelle. En dehors de la ligne éditoriale ou du parti pris liés aux biais médiatique, un pas supplémentaire est franchi par la création de médias de communication politique comme celui du parti En marche d’Emmanuel Macron ou encore le Media, nouveau site qui revendique une indépendance éditoriale et une communication directe   

Et vous qu’en pensez-vous ? quel devait être le rôle des médias dans une démocratie et leur rapport avec le politique ? Un parti politique aurait-il le droit de s’improviser « media » à part entière  et ainsi s’offrir une maitrise totale de sa communication ? ou les dérives liées aux enjeux de la communication politique sont-elles trop risquées ?  

Sujet du mois: Quelle confiance reste-t-il dans les politiques ?

 

L’approche des élections présidentielles françaises engendre une véritable crise de confiance. C’est le constat de Guillaume Erner, journaliste pour France Culture Les indécis décideront-ils de l’élection ?  Les sondages et  centre de recherches politiques de Sciences Po constate que les partis politiques se retrouvent tout au fond du classement de leurs institutions sur la question de la confiance : 12 % seulement des Français leur font confiance, contre 87 % qui ne leur font pas confiance C’est le constat de Nouailhac pour le Point qui s’interroge  - Qui a encore confiance dans les politiques ?

Dans le même temps, le traitement journalistique de certaines affaires concourt à distiller le doute. Scandales en tous genres, photos volées, les médias sont-ils les relais d’une crise de confiance généralisée ou ont-ils une responsabilité dans le dénigrement du politique ?

La vie privée des chefs d’Etat, notamment leur état de sante relevait du secret d’Etat. Les journalistes ont toujours respecté par exemple la Vie privée de Mitterand Aujourd’hui, les hommes politiques sont sous la loupe à chaque instant.

Quelle est la responsabilité politique des gouvernants ? Si un homme d’Etat ou un gouvernement n’incarne plus de la confiance de l’autorité devant laquelle il doit rendre des comptes, peut-il décemment incarner l’esprit républicain ? Ou son rôle est-il justement de braver les « buzz » et de maintenir sa position comme l’a fait François Fillon dans l’émission politique De la reconquête au chaos, la soirée très agitée de Fillon à l'Emission politique ou Donald Trump face aux accusations de collusion avec les Russes .

Et vous, qu'en pensez-vous? Le modèle de l’homme politique incorruptible et intouchable est-il encore d’actualité ? A partir de l’émission de France Culture , vous vous interrogerez sur l’évolution vers un modèle de démocratie « relativiste », ou le vote s’imposera comme un choix par défaut, pour éviter le pire ? Les médias ont-ils une part de responsabilité de cette atmosphère du « tous pourris » ?

Le sujet du mois: Médias et pouvoir politique, vers une "guerre de l'information"?

Le contexte planétaire actuel offre une nouvelle répartition des pouvoirs. La presse et les médias souvent regardés avec méfiance à cause de leurs relations avec les puissants, ont souvent été accusés de tous les maux depuis la propagande d'Etat jusqu'à la "fabrique du consentement"des citoyens. Le linguiste Noam Chomsky affirme ainsi que le rôle des médias est de maintenir l'ordre social au sein des démocraties et donc de soutenir le pouvoir en place. Il s'interroge aujourd'hui encore sur la place des médias et leur influence dans le contexte actuel  Trump, guerre nucléaire et anthropocène : Noam Chomsky prédit un avenir sombre à l’humanité 

Il semble en effet que les sociétés démocratiques auraient dépassé le stade de la démagogie pour entrer dans l’ère de la «post-vérité» dans laquelle, comme le dit l’Oxford Dictionary, «les faits objectifs ont moins d’influence pour modeler l’opinion publique que les appels à l’émotion et aux opinions personnelles». Le scandale des vérités alternatives du gouvernement de Trump et les contrevérités proférées impose une prise de position engagée de la part des journalistes et des médias. Le philosophe Michel s’interroge dans Libération sur le statut de l’information Après la vérité ?  On peut en effet s’interroger sur les rapports de connivence qui existeront désormais entre le politique et les médias. Le modèle Russe qui conjugue un appareil médiatique d’Etat et une politique de désinformation à l’intention du reste du monde semble en effet déplacer de nouveaux enjeux : Fréderic Koller dans le Temps parle de Désinformation : l’offensive russe

Ce brouillage des repères, ce que les journalistes, reprenant l’expression de Steve Bannon définissent comme la « stratégie de l’obscurité », c’est-à dire le mélange d’affirmations et de contradictions inscrive un climat d’incertitudes, de doutes et de relativisme. Ned Resnikoff s’interroge sur When everything is a lie power is the only truth. Et le politqiue de communication de la Maison Blanche deviant d eplus en plus opaque Medias: la Maison blanche tentée par la Black out

Et vous qu’en pensez-vous ? La communication politique n’est-elle plus qu’une affaire de manipulation ? Evoluons-nous vraiment vers une « guerre de l’information » ? Ou les médias en renouvelant leur rapport au pouvoir et en s’engageant dans le débat public peuvent-ils influencer cette « guerre liquide » ?  

Club Jean Moulin: Les réseaux sociaux ont-ils un rôle dans les démocraties ?

Le sujet du mois: Les réseaux sociaux ont-ils un rôle dans les démocraties ?

L’actualité politique fait l’objet de nombreux commentaires sur l’ensemble des réseaux sociaux. Cette parole publique est tout à tour louangée, car elle favorise la diversité et l’expression des opinions, ou condamnée car elle décentre les débats pour les placer sous l'influence des émotions ou des opinions, sans véritable contrôle possible. C’est d’ailleurs cette tendance que l’on relève dans la vague des remises en question qui ont suivi l’élection de Donald Trump ou les primaires de droite suite à l’éviction de Juppé : "Ali Juppé" : les juppéistes dénoncent une "campagne nauséabonde de diffamation" sur les réseaux sociaux ,Twitter et Facebook étant accusé de favoriser ou discréditer certains  candidats. Cette responsabilité sociale est d'ailleurs dénoncée par Lawrence Lessig dans le Monde Réseaux sociaux et démocratie : « Facebook et Twitter ne peuvent échapper à leurs responsabilités »

On peut également s’interroger sur l’objectivité de l’information sur les réseaux sociaux N’a-t-on pas tendance à lire des articles qui confortent nos opinions personnelles plutôt que de travailler sur une véritable pluralité des sources et des informations ? Les rumeurs sur les réseaux sociaux, les controverses de Donald Trump sur Twitter sont-elles de véritables tribunes politiques ? C’est la question que pose le New York Times Et si, au lieu de favoriser le débat politique, les réseaux sociaux le neutralisaient?

La récupération politique des réseaux sociaux par les hommes politiques depuis Obama ne sont plus à démontrer mais en même temps, une nouvelle tendance apparaît sur le web : l’e-democratie Les électeurs montent aux créneaux en créant leurs propres médias d’information : "Le vent se lève", le site d'info alternatif qui mène la bataille culturelle sur internet ou des figures médiatiques qui propose de monter des programmes politiques participatifs sur le modèle de Wikipédia comme l’explique le Nouvel Obs Alexandre Jardin lance son programme participatif.

Et vous, qu'en pensez-vous? Le débat politique s’inscrit-il uniquement dans les réseaux sociaux. Evolue-t-on réellement vers un modèle de démocratie participative ? Ou les nouveaux médias n’ont-ils qu’un impact mesuré sur la vie politique moderne ?

Club Jean Moulin Le sujet du mois: La politique se donne-t-elle en spectacle?

Bienvenue au Club Jean Moulin, le club de Sciences politiques du Lycée International de Los Angeles.

Nous souhaitons que nos élèves s'inscrivent dans la tradition de débat et de réflexion du premier Club Jean Moulin, défini comme un "laboratoire d'idées".

A partir d'un dossier de presse, nous proposons une discussion ouverte autour d'un sujet touchant l'actualité politique et sociale.

Le sujet du mois: La politique se donne-t-elle en spectacle?

La richesse de l'actualité politique française comme américaine (primaires, élections, communications des hommes politiques) met sur le devant de la scène des figures politiques de tous horizons. La communication politique est une part importante de la validation d'un candidat. La petite histoire veut que Nixon ait perdu les élections face à Kennedy en 1960, car il semblait nerveux et transpirant face à un JF Kennedy impavide et souriant lors du débat télévisé précèdent les élections.

On peut s’interroger sur la marchandisation de la vie politique. L’homme politique est-il condamné à s’installer dans une esthétique de la séduction, voire à choquer pour qu’on s’intéresse à lui comme lors de la campagne présidentielle de Donald Trump avec l'analyse du Huffington Post Comment l'ascension politique de Donald Trump reflète l'évolution de la société américaine.

La tendance chez les politiques s'oriente vers le fait de "publiciser" sa vie, de se mettre en scène dans l’espace public. C'est ce phénomène que tente d'analyser Frédéric Says en revenant sur l'image des présidents français notamment Nicolas Sarkozy dans sa tribune Un dimanche de politique-spectacle qui parle du brouillage des frontières L'homme politique s'affiche dans sa vie privée, son intimité, comme Poutine qui défile torse nu devant les caméras du monde entier ou les dirigeants francais qui racontent leurs Ambitions intimes dans une émission d’infodivertissement qui remporte tous les audiences en France.

Y a-t-il encore moyen pour le politique de revenir aux « enjeux » sans sombrer dans le « jeu médiatique ? »C’est en tout cas la ligne directrice de la campagne de certains hommes politiques qui choisissent de se démarquer de cette « peopolisation » imposée par le contexte médiatique. Une analyse du Figaro nous parle de la nomination de  François Fillon comme une victoire contre le politique spectacle.

Et vous, qu'en pensez-vous? Le discours politique n'est-il plus destiné qu'à répondre à des critères d'audience et de divertissement, s’adressant ainsi au plus grand nombre ? Ou le rôle d’une figure de représentant politique n’est-il pas justement d’affronter la pression des événements ou des médias ?